En reçevant le dernier "Lien Légitimiste", quelle ne fut pas ma surprise (heureuse) de découvrir l’éditorial de Gérard de Villèle, intitulé "il y a maldonne".
Notre ami y déplore les faibles scores de l’Alliance Royale aux dernières élections qui posent la question de sa survie à long terme, du moins de sa stratégie future et le fossé grandissant entre les princes (connus) et les associations qui prétendent les soutenir.
Les princes travaillant dans un sens et les associations royalistes dans un autre. Notre ami, poursuit en se demandant si la solution ne serait pas d’intégrer les structures crées par les princes eux-mêmes .
Au-delà de ces considérations organisationnelles, il faut chercher plus loin, la cause de nos échecs répétés et ce, depuis plus de 150 ans.
Nous avons tout essayé ou presque et pourtant, nous sommes devenus l’ombre de nous-mêmes, sans parler de la famille nationaliste.
Beaucoup parmi nous, pensent que nos échecs proviennent de l’inadéquation entre nos idées et le monde dans lequel nous vivons. Ils voudraient marier la royauté et le révolution et pensent sincèrement que si nous évoluons, nous pourrons espérer un jour, un autre regard sur nos idées et peut-être (?) voir un roi sur le trône de France.
Certes! Un roi pourrait arriver par ce moyen, mais il serait vite prisonnier de la constitution et du régime des partis, qui rappelons-le, par sa démagogie et son clientélisme divisent les français au lieu de les rassembler pour le Bien-Commun du pays.
Nous ne le voyons que trop bien dans les pays d’Europe du nord, où le souverain n’est plus qu’une potiche et où les partis dictent leur loi, dans leur propre intérêts et non ceux de leurs compatriotes.
N’oublions pas non plus, qu’en France, nous avons essayé. Souvenons-nous de la monarchie constitutionnelle de 1789 à 1792, puis la Restauration de 1814 à 1848.
Elles ont toutes échoué. Pourquoi ? Certains vous dirons, que c’est à cause d’un manque de démocratie. Non ! Elles ont échoué, parce qu’elles avaient voulu mélanger la carpe et le lapin, la Vérité et l’erreur, le principe royal et la révolution, le droit divin et la démocratie.
La France est une nation particulière et le nier ou ne pas le comprendre, c’est faire échouer d’avance toute tentative de restauration quelle soit religieuse et morale, économique, institutionnelle… Il me plait à penser que si nous n’avons pas de roi, c’est tant mieux. Eh oui ! Aussi paradoxal que cela puisse être, je pense que c’est providentiel si nous n’avons pas de roi aujourd’hui. De par sa nature particulière, la royauté française ne peut qu’être liée à son auteur, Dieu. Ce serait parfaitement impossible en nos jours de démocratie, de libéralisme, parité et autres inepties du siècle, condamnées par le magistère.
La royauté française est née sur les fonds baptismaux un soir de Noël 496. Dieu, ce jour-là a fait alliance avec la France à travers une famille. Tout au long de notre histoire, alors que notre pays a failli sombrer plusieurs fois, le Ciel est intervenu pour le sauver.
Qu’on pense en ce six-centième anniversaire de la naissance de "La Pucelle" à l’épopée de cette toute jeune fille, uniquement armée de sa Foi, combattant "en Nom-Dieu" pour que le roi légitime soit sacré à Reims. Car là est sa mission première, avant même de bouter hors de France, les anglais. Plus que de faire sacrer le légitime roi, Sainte Jehanne D’Arc a eu pour mission de révéler que le Christ est seul roi de France et que le roi temporel n’en est que son lieu-tenant.
Il suffit de nous rappeler de la "Triple donation" (véritable rénovation du pacte de Tolbiac) effectuée à St Benoît- sur-Loire le 21 juin 1429. Ce jour-là notre Sainte fait une demande particulière au dauphin, futur Charles VII. Voici les faits :Jehanne dit à Charles :
«Sire, me promettez-vous de me donner ce que je vous demanderai ?» Le Roi hésite, puis consent. «Sire, donnez-moi votre royaume». Le Roi, stupéfait, hésite de nouveau ; mais, tenu par sa promesse et subjugué par l’ascendant surnaturel de la jeune fille : «Jehanne, lui répondit-il, je vous donne mon royaume». (1 ére donation) Cela ne suffit pas : la Pucelle exige qu’un acte notarié en soit solennellement dressé et signé par les quatre secrétaires du Roi; après quoi, voyant celui-ci tout interdit et embarrassé de ce qu’il avait fait : «Voici le plus pauvre chevalier de France : il n’a plus rien». Puis aussitôt après, très grave et s’adressant aux secrétaires : «Écrivez, dit-elle :Jehanne donne le royaume à Jésus-Christ"» (2 éme donation) Et bientôt après :«Jésus rend le royaume à Charles’». (3 ème donation)
En lisant ces quelques phrases, qui ont été notariées, donc des plus officielles, le Christ est seul roi de France. Établir un régime qui ne prend pas en compte ce fait, c’est bâtir sa maison sur le sable, ou plus exactement son royaume sur du sable. Ce que les faits nous prouvent depuis 1792.
C’est ce qu’à voulu nous dire, plusieurs siècles plus tard, le comte de Chambord, dont on n’a pas compris (et que beaucoup des nôtres ne comprennent toujours pas) la posture devant le drapeau tricolore. Il s’est toujours refusé à être le roi de la révolution, que ce drapeau symbolisait et symbolise toujours.
Il était en parfaite symbiose avec le cardinal Pie l’un des représentant de l’école contre-révolutionnaire et anti-libérale qui en présence de Napoléon III, lui tint ce discours :
«Je m’empresse de rendre justice aux religieuses dispositions de votre Majesté et je sais reconnaître, Sire, les services qu’elle a rendus à Rome et à l’Église, particulièrement dans les premières années de son gouvernement. Peut-
être la Restauration n’a-t-elle pas fait plus que vous ? Mais laissez-moi ajouter que ni la Restauration ni vous, n’avez fait pour Dieu ce qu’il fallait faire, parce que ni l’un ni l’autre vous n’avez relevé son trône, parce que ni l’un ni l’autre vous n’avez renié les principes de la Révolution dont vous combattez cependant les conséquences pratiques, parce que l’évangile social dont s’inspire l’État est encore la déclaration des droits de l’homme, laquelle n’est autre chose, Sire, que la négation formelle des droits de Dieu. Or, c’est le droit de Dieu de commander aux États comme aux individus. Ce n’est pas pour autre chose que N.S. est venu sur la terre. Il doit y régner en inspirant les lois, en sanctifiant les mœurs, en éclairant l’enseignement, en dirigeant les conseils, en réglant les actions des gouvernements comme des gouvernés.Partout où Jésus-Christ n’exerce pas ce règne, il y a désordre et décadence. Or, j’ai le devoir de vous dire, qu’Il ne règne pas parmi nous et que notre Constitution n’est pas, loin de là, celle d’un État chrétien et catholique. Notre droit public
établit bien que la religion catholique est celle de la majorité des Français, mais il ajoute que les autres cultes ont droit à une égale protection. N’est-ce-pas proclamer équivalemment que la constitution protège pareillement la vérité et l’erreur ?
Eh bien ! Sire, savez- vous ce que Jésus-Christ répond aux gouvernements qui se rendent coupables d’une telle contradiction ? Jésus-Christ, Roi du ciel et de la terre, leur répond : Et Moi aussi, gouvernements qui vous succédez en vous
renversant les uns les autres, Moi aussi Je vous accorde une égale protection. J’ai accordé cette protection à l’empereur votre oncle ; J’ai accordé la même protection aux Bourbons, la même protection à Louis-Philippe, la même protection à la République et à vous aussi la même protection vous sera accordée.
L’empereur arrêta l’évêque :
«Mais encore, croyez-vous que l’époque où nous vivons comporte cet état de choses, et que le moment soit venu d’établir ce règne exclusivement religieux que vous me demandez ? Ne pensez-vous pas, Monseigneur, que ce serait
déchaîner toutes les mauvaises passions ?»
«Sire, quand de grands politiques comme votre Majesté m’objectent que le moment n’est pas venu, je n’ai qu’à m’incliner parce que je ne suis pas un grand politique. Mais je suis évêque et comme évêque je leur réponds : «Le moment n’est pas venu pour Jésus-Christ de régner, eh bien ! alors le moment n’est pas venu pour les gouvernements de durer»
En 2012, la situation n’a pas changé. Nos gouvernants, plus que leurs prédécesseurs, il est vrai, ont rejeté Dieu et sa Loi, au nom de la laïcité et les conséquences sont là: instabilité institutionnelle, désintérêt des français pour la politique, corruption à tous les étages de la société, crise économique; sans compter l’affadissement de la Foi et des valeurs morales, et ce avec l’aval des clercs (en tout cas d’un grand nombre) de notre occident décadent.
Le tableau brossé est bien noir, je vous le concède. Il n’y aurait donc plus ou peu d’espoir ? Non! si l’on se bat avec les armes de la révolution: démocratie, parlementarisme, droits de l’homme, laïcisme… Et oui ! Si l’on se bat sous la bannière du Christ-Roi, comme l’a fait jadis Ste Jehanne D’Arc: "Messire Dieu, premier servi!" et "En Nom-Dieu, combattons et Dieu donnera la victoire".
Nos amis royalistes, pour relativiser le combat spirituel ou le subordonner au temporel, nous évoquent cette phrase, en nous disant, qu’il faut d’abord agir et puis prier et Dieu donnera la victoire. Ils omettent une partie importante de la phrase: "En nom-Dieu". Je dois dire à ma grande honte, que je l’ai souvent utilisée, en ne connaissant pas l’intégralité de la parole de la sainte.
C’est grâce à un auteur bien connu des milieux "tradis" et anti-libéraux, Louis-Hubert Remy, que j’ai connu ce que notre sainte nationale a vraiment dit.
Monsieur Remy, vient de commettre, d’ailleurs en collaboration avec son épouse et Thierry Martin, un livre sur Sainte Jeanne d’Arc : "La vraie mission de Sainte Jehanne d’Arc: Jesus-Christ, roi de France", paru aux éditions des amis du Christ-roi de France. 20€+ 5€ de frais de port.
Vous pouvez le commander à cette adresse :
ACRF
BP 2- 44140 Aigrefeuille.
Alors en cette année Sainte Jeanne d‘Arc, demandons-lui d’intercéder pour notre pauvre pays, car "il y a grand misère au royaume de France".
Nous avons une certitude. Le pays qui est le Royaume du Christ et de Sa Mère, ne peut périr! Son triomphe arrivera et avec lui, celui de l’Eglise sous la conduite de ces deux "oliviers" que seront le "Grand Monnarque" et le "Saint Pape".
Notre seule mission à nous "manants du roy", est de prier, de réparer et de nous sanctifier. C’est à ce prix seulement, que nous sera donné Celui que Dieu nous destine !

[...] Le Christ-Roi, seul salut pour la France [...]
[...] 21 juin 1429 . A Saint Benoît-sur-Loire, Jeanne, Dieu et le roi : la triple donation ( voir Le Christ-Roi, seul salut pour la France ) [...]